FLAGSHIP PROGRAMMES

Le tourisme bleu méditerranéen, qui englobe les activités côtières et maritimes, constitue un pilier économique majeur pour les 22 pays riverains du bassin. En 2024, la région a enregistré près de 360 millions d'arrivées internationales, dépassant les niveaux pré-pandémiques, tout en générant des dizaines de milliards d'euros de valeur ajoutée à travers l'hôtellerie, les croisières, la navigation de plaisance et les sports nautiques. Cependant, cette croissance reste fortement concentrée géographiquement et saisonnièrement, avec 64 % des arrivées limitées aux côtes les plus populaires d'Espagne, de France et d'Italie, selon un modèle traditionnel « soleil, sable et mer ».
Cette expansion engendre des pressions croissantes sur les écosystèmes marins fragiles, notamment les prairies de posidonie, ainsi que sur les ressources en eau douce, déjà menacées par le changement climatique. Les conséquences socioéconomiques se manifestent également par une crise du logement, une hausse du coût de la vie et des tensions sociales, illustrées par les récentes manifestations aux îles Canaries.
L'article identifie des défis structurels de gouvernance : fragmentation juridictionnelle, financements orientés vers les modèles à fort volume plutôt que vers la durabilité, manque de données climatiques accessibles aux gestionnaires touristiques, et capacités limitées des PME du secteur. Face à ces enjeux, l'auteur souligne les opportunités offertes par les cadres multilatéraux existants — Convention de Barcelone, Union pour la Méditerranée, Pacte pour les océans de l'UE — ainsi que par la prochaine stratégie européenne de tourisme durable attendue en 2026. L'article plaide pour une gouvernance partagée à l'échelle du bassin, intégrant résilience écologique, vitalité économique et bien-être des communautés, afin de transformer un modèle axé sur le volume en un développement touristique durable et à faible impact.
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