FLAGSHIP PROGRAMMES

L’article vise à montrer comment quatre enseignantes du secondaire français et québécois ont fait évoluer leurs pratiques, découvrant et enseignant un objet nouveau pour elles, la littérature numérique. Deux objectifs sont notamment poursuivis. D’une part, l’analyse se propose de décrire comment les enseignantes se sont appropriées ce nouvel objet d’enseignement à partir de savoirs existants et nouveaux ainsi que d’expériences lectorales personnelles. Seront notamment observés la prise en compte des spécificités techno-littéraires de l’œuvre numérique et les choix ayant entraîné des évolutions — innovations et recompositions — dans leurs planifications et pratiques pédagogiques. D’autre part, l’article étudie comment le dispositif de recherche — lui-même innovant — a pu favoriser les déplacements identifiés dans les pratiques et réduire le sentiment d’insécurité qui est souvent associé au changement.
L’approche de cet objet innovant a conduit à des innovations, à l’échelle personnelle, ou du petit collectif : de nouvelles modalités d’enseignement ont été envisagées, plus ouvertes sur l’intermédialité, sur la subjectivité et sur la réflexivité. Bien sûr, ces évolutions faisaient partie des cadres préexistants des enseignantes, et les dispositifs mobilisés ont été issus, pour partie, de pratiques antérieures qui restaient mineures ou très occasionnelles, et, pour partie également, de pratiques professionnelles de quelques enseignants seulement. Mises au pot commun et discutées dans le cadre des cercles, elles ont pu être adaptées, actualisées et mobilisées dans différents contextes. Par ailleurs, certains choix et mises en œuvre ont clairement été identifiés, par les enseignantes elles-mêmes, comme tout à fait nouveaux. Dans leur discours, celles-ci semblent même, dans une certaine mesure, faire évoluer leur conception de l’enseignement de la littérature.