FLAGSHIP PROGRAMMES

Ce texte analyse le rôle de l’« Internationalization at Home » (IaH) dans le développement de la compétence interculturelle (intercultural competence, IC) des étudiants universitaires, dans un contexte où la majorité des recherches se concentrent encore sur la mobilité internationale, notamment les séjours d’études à l’étranger. Partant du constat que peu d’étudiants bénéficient réellement de la mobilité internationale, les universités cherchent de plus en plus à développer des dispositifs permettant l’acquisition de compétences interculturelles au sein même des campus nationaux.
L’étude présentée repose sur une enquête menée auprès de 506 étudiants de la KU Leuven, la plus grande université néerlandophone de Belgique, caractérisée par une population étudiante majoritairement blanche mais insérée dans un environnement académique fortement internationalisé. L’objectif est d’évaluer le niveau de compétence interculturelle des étudiants, son évolution au cours des années d’études, et d’identifier les facteurs qui influencent le plus son développement. Les chercheurs s’interrogent notamment sur la valeur des initiatives d’IaH comme alternative ou complément aux séjours à l’étranger.
Les résultats montrent que plusieurs facteurs contribuent significativement au développement de l’IC : les séjours d’études à l’étranger, la participation à des initiatives d’IaH (telles que les projets de buddy, le service-learning ou les activités interculturelles), la maîtrise et l’usage des langues étrangères, ainsi que certains traits de personnalité comme l’ouverture et l’agréabilité. L’étude souligne également que l’environnement universitaire de la KU Leuven favorise, sur la durée des études, le développement de compétences interculturelles chez les étudiants.
En conclusion, les auteurs estiment que l’intégration systématique de dimensions internationales et interculturelles dans les curricula formels et informels permet de développer des mentalités interculturelles, même sans mobilité internationale. L’IaH apparaît ainsi comme un levier central pour démocratiser l’accès à la compétence interculturelle dans l’enseignement supérieur.